OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Les télécoms perdent toute autorité http://owni.fr/2012/01/12/les-telecoms-sans-autorite/ http://owni.fr/2012/01/12/les-telecoms-sans-autorite/#comments Thu, 12 Jan 2012 09:59:46 +0000 Andréa Fradin http://owni.fr/?p=93850

Entourés de quelques lieutenants, le patron de l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (Arcep), Jean-Ludovic Silicani, a été assez bref dans son exposé relatif à la neutralité des réseaux. Le point, abordé en conclusion de la présentation, représente pourtant aux dires de ce dernier “la moitié du travail du régulateur sur les deux années à venir”. Un chantier considérable, dont Jean-Ludovic Silicani a tout de même rappelé l’importance : “c’est l’avenir des communications électroniques qui est en jeu”.

Qualité de service : l’Arcep n’a “pas choisi”

Sur le fond, deux volets ont été présentés : “le suivi de la qualité du service d’accès à l’Internet” et la “collecte régulière d’informations sur les conditions techniques et tarifaires d’interconnexion et d’acheminement des données”. Ils font suite à la publication par l’Arcep de dix propositions sur la neutralité des réseaux, en septembre 2010.

Free, SFR, Orange et Bouygues en autocontrôle

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Accorder à Orange, Free, SFR et Bouygues le luxe de devenir les seuls juges de la qualité de leurs offres d'accès à ...

Concernant la qualité de service de l’accès à Internet, qui consiste à prendre le pouls du réseau français et à en évaluer les performances, OWNI s’interrogeait dès septembre (voir “Les opérateurs juges et parties du net”, “L’Internet illimité au purgatoire” et “Free, SFR, Orange et Bouygues en autocontrôle“) sur les enjeux et les risques d’un tel chantier. En particulier sur le fait de confier aux opérateurs la responsabilité du choix du prestataire externe qui sera en charge des mesures. À la question de savoir si une telle orientation ne risquait pas de biaiser d’emblée le résultat de cet observatoire du net, qui vise précisément à apprécier la qualité des prestations des gros opérateurs (disposant de plus de 100 000 clients), Jean-Ludovic Silicani botte en touche. Il explique que l’Arcep n’a “pas choisi” de confier cette responsabilité aux opérateurs, mais qu’elle s’est contentée de “respecter le décret” qui prévoit la mise en place de ce chantier. En effet, selon l’article D98-4 d’un décret d’application du Code des postes et des communications électroniques :

L’opérateur mesure la valeur des indicateurs de qualité de service définis par l’Autorité de régulation des communications électroniques.

Le patron de l’Arcep poursuit en expliquant que “pour les paramètres techniques, une définition précise sera donnée” et que le régulateur se garde le droit de “demander qu’un second prestataire vérifie que les méthodes de mesure ont bien été suivies”. Reste à savoir qui définira ces paramètres techniques, ainsi que la nature du second prestataire en charge des mesures de contrôle. Sur le premier point, un document de travail (voir image ci-dessous) indique bien que les paramètres, ou “référentiel commun”, seront définis “par l’Arcep et les opérateurs”. Le patron de l’Arcep assure néanmoins du contraire, précisant que “plusieurs acteurs” seront associés à la réflexion. Quant à la charge de la mesure de contrôle, il rétorque que cette contrainte relève également du décret d’application. Sauf erreur de notre part, cette précision ne figure pas dans le décret en question.

Visiblement agacé par la question, Jean-Ludovic Silicani a déclaré : “si le prestataire fait n’importe quoi, alors on le saura. L’auto-responsabilité des entreprises existent dans ce pays”, ajoutant que le régulateur faisait “confiance aux opérateurs”, sans pour autant “exécuter leurs ordres”. Et de conclure, en tâclant au passage le pouvoir politique :

Nous appliquons la loi. Si les parlementaires veulent attribuer plus de pouvoir à l’Arcep, ils doivent le prévoir !

La Fusion ? “Une question à l’intérêt mineur”

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2012 se fera avec la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi), c'est ...

Autre question qui fâche : celle de la fusion des autorités administratives en charge des questions relatives à Internet. Arcep pour les “tuyaux” d’Internet, CSA pour les contenus audiovisuels, Hadopi pour le statut des oeuvres culturelles sur Internet. “Une question à l’intérêt mineur” pour Jean-Ludovic Silicani, qui s’est pourtant épanché sur les implications d’un tel scénario. “La question n’est pas tant la fusion, mais quelle régulation on souhaite”, a-t-il expliqué. Mettant en parallèle la régulation “très forte” qui prévaut au CSA, et celle “très légère” pour les questions Internet traitées au sein de l’Arcep, il a également abordé le sort en suspens des contenus audiovisuels sur Internet. Jean-Ludovic Silicani a aussi déclaré que s’il fallait fusionner des autorités telles le CSA et l’Arcep, il faudrait également envisager la “fusion des ministères” en charge de la Culture et du numérique, ainsi que les lois et codes qui régissent ces secteurs. A l’aube de la campagne présidentielle, la rivalité entre les deux secteurs culturels et numérique pour prendre en charge les problématiques du net est un point clivant, tant à l’UMP qu’au PS.

La conférence de presse a surtout été l’occasion pour l’Arcep de dresser l’état des lieux du marché des communications électroniques, fixes et mobiles. Sur le mobile, Jean-Ludovic Silicani a salué l’arrivée de Free, tout en se montrant prudent : “une offre c’est un prix et un service. La proposition de Free sur le prix est très concurrentielle. Il faut maintenant voir quel type de services Free offrira, notamment sur le service après-vente, sur lequel il est très attendu”. Il a également tenu à “tordre le cou à l’idée selon laquelle le secteur du mobile serait saturé ou mature”, se réjouissant notamment de “l’appétence des opérateurs pour la 4G”. Sur le fixe, les derniers chiffres des abonnements au haut débit et très haut débit ont été donnés. Le déploiement en très haut débit a été rapidement abordé. Le détail des chiffres est disponible dans le dossier presse [PDF] de l’Arcep.


Crédits photo : © Dominique Simon

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Atlantico: cap à tribord http://owni.fr/2011/03/02/atlantico-cap-a-tribord/ http://owni.fr/2011/03/02/atlantico-cap-a-tribord/#comments Wed, 02 Mar 2011 11:38:49 +0000 celine sawalski et guillaume ledit http://owni.fr/?p=49073 Lancé ce lundi, Atlantico.fr a t-il une élection de retard? En 2007, des anciens de Libération lancent Rue89 fleur au fusil le jour de l’élection de Nicolas Sarkozy. Quatre ans plus tard, Atlantico.fr se présente comme un site ouvertement libéral. Une tentative similaire avait été faite par Arnaud Dassier, directeur de la stratégie Web de Nicolas Sarkozy pendant la campagne de 2007 et aujourd’hui actionnaire (minoritaire) du projet. En 2011, derrière ses références et inspirations nord-américaines, le nouveau pure-player marqué à droite, semble pourtant proche de ses concurrents.

“Un vent nouveau sur l’info”?

Avec son slogan et le temps de développement du site (près d’un an), Atlantico était attendu au tournant, plusieurs pure players étant déjà bien installés dans le paysage médiatique français, et plutôt orientés à gauche. On pense à Mediapart qui doit fêter ses trois ans en mars, à Rue89 ou encore à Slate.fr lancé en février 2010 même si ce dernier est moins clairement orienté.

La maquette du site et l’approche éditoriale du nouveau venu s’inspirent, selon les dires de ses fondateurs, du Huffington Post et du Daily Beast, des sites lancés depuis plusieurs années déjà aux États-Unis (le design d’Atlantico.fr est d’ailleurs étonnamment proche de celui du Daily Beast). Quant au titre du média, loin des fondateurs l’idée de faire référence à leur atlantisme supposé: Atlantico serait une simple contraction des noms des magazines américains The Atlantic et Politico.

Des similitudes graphiques soulignées par le sémillant @vincentglad sur Twitter

Si l’on en croit la jolie plaquette distribuée à la sortie de la conférence de presse organisée par l’agence Alchimia pour le lancement du site, Atlantico est un “facilitateur d’accès à l’information”. “Quelque chose à mi chemin entre l’agrégateur de contenus et le site d’info qui produit ses articles à partir du travail d’une rédaction”, martèle Jean Sébastien Ferjou pour définir la ligne de son site. “Le nouveau pure player est conçu comme une plateforme d’aiguillage pour apporter le meilleur “mix” d’info à ceux qui n’ont que quelques minutes à y consacrer.”, expliquait-il dans un mail envoyé aux écoles de journalisme en octobre dernier.

A naviguer sur le site, il semble que les “architectes de l’information” et autres ergonomes aient bien fait leur boulot: la maquette est aérée et permet de bien distribuer liens, catégories, chroniques, fil de dépêches et pubs clignotantes.

L’ensemble sera animé en gardant bien en tête qu’écrire pour le web, c’est “écrire court”, puisque “les articles longs, on ne les lit plus” et que “le temps de cerveau disponible” des internautes est particulièrement faible. L’expression de Patrick Le Lay est d’ailleurs répétée avec un malin plaisir au cours de la conférence de presse par les intervenants.

Répétée aussi, l’idée de “briser la hiérarchie de l’info”. Qui sont ces anars de l’actu? Principalement des journalistes spécialisés dans l’audiovisuel, et provenant de médias privés: TF1, LCI, Le Parisien, BFM, RTL. Organisés sur le modèle d’une rédaction de site d’info généraliste, les journalistes ont commencé à travailler sur le projet dès mai 2010 sous la houlette du directeur de la rédaction Jean-Sébastien Ferjou et de Jean-Baptiste Giraud, ancien journaliste radio (BFM).

La rédaction est composée de six journalistes qui sont chargés de “faire une sélection d’articles de vidéos, de blogs pertinents sur l’actu du jour et de repérer et de programmer des contributeurs dont les posts devront éclairer l’actu ou les débats intellectuels et politiques du moment”. Si les éditorialistes sont rémunérés et les journalistes salariés, les contributeurs sont quant à eux considérés comme des invités de plateau télé, et ne sont à ce titre pas payés.

Une ligne éditoriale “libérale”, mais pas ouvertement à droite

La ligne éditoriale: c’est le point qui devait faire toute la différence. Pourtant, pendant la conférence de presse, Jean-Sebastien Ferjou ne dira jamais que son site est ouvertement à droite, précisant d’emblée quand on lui demande d’où il parle que “ce n’est pas en ces termes que les choses se posent”. Il préfère donc sous-entendre qu’il n’est pas à gauche:

Je ne suis pas passé par la case trotskisme mais ça ne m’empêche pas de faire de l’info, libéralisme et capitalisme ne sont pas des gros mots.

Quand on évoque l’hypothèse selon laquelle le site comblerait un vide à droite dans la perspective de 2012, le fondateur d’Atlantico se défend et affirme que son site n’est pas destiné à soutenir un candidat plutôt qu’un autre. Pourtant, il est clair, quand on écume la liste des contributeurs, que l’on n’a pas affaire à une bande de trotskistes décroissants. Parmi le “portefeuille d’environ 300 personnes” (économistes, juristes, historiens, philosophes) retenues pour contribuer régulièrement au site, figurent en effet l’historienne liquidatrice de l’héritage de Mai 68 Chantal Delsol; Amirouche Laïdi, le président du progressiste Club Averroès; l’écrivain Gérard de Villiers, créateurs des post-féministes SAS et ancien de la presse d’extrême-droite; Sophie de Menthon, enthousiaste initiatrice de la fête de l’entreprise ou encore Roman Bernard, rédacteur en chef du Cri du contribuable.

On y retrouve également des journalistes spécialisés dans l’analyse et la critique des médias, comme Gilles Klein d’Arrêts sur Images ou Alain Joannès, “grand pro du rich media”, qui tiendra une chronique intitulée “Arrêts sur Idées”: nul doute qu’il y “congédiera l’accessoire pour cingler vers l’essentiel“.

Un autre journaliste-contributeur, Christophe Carron, nous explique: “On me l’avait présenté comme un site anti-conformiste et un peu poil à gratter, ils aimaient bien ma façon de défendre la presse tabloïd et un peu trash”. Journaliste à Voici.fr et blogueur sur lowblogging.fr, il sera repris sur la partie “people” du site, Atlantico Light. “Quand on lit la liste des contributeurs, on voit que ce n’est pas un site de gauche ça c’est clair”, conclut Carron.

Jean-Marie Charon, sociologue des médias – et auteur d’une enquête sur la presse en ligne prochainement publiée – s’étonne quant à lui du marquage politique mal assumé par les fondateurs d’Atlantico:

Le décryptage du discours de Nicolas Sarkozy de dimanche soir n’était pas particulièrement favorable à ce que dit Sarkozy. Je ne m’attendais pas à lire ça sur Atlantico.fr. J’aurais mieux compris un positionnement plus dur et affirmé: leur positionnement n’est pas clair, c’est dommage, d’autant que le droite au pouvoir a un discours virulent et des remarques parfois dédaigneuses vis-à-vis du web.

Même sentiment chez certains commentateurs comme Pierre Haski, qui s’interroge sur Twitter:

Du côté de Mediapart, on ne tergiverse pas. Laurent Mauduit accueille sur son blog le nouveau venu dignement, dans un papier intitulé “Atlantico, la droite rance”.

“L’autre problème des pure-players c’est qu’ils ne sont pas nombreux à travailler dans les rédactions, ça pèse sur le contenu, ce ne sont pas les conditions idéales pour traiter l’info de manière complète surtout quand ils diversifient leurs activités” continue Jean-Marie Charon.

La France est le seul pays à avoir autant de pure-players. En Allemagne et en Espagne, il y a eu plusieurs tentatives mais Soitu.es a fait faillite et NetZeitung.de a réduit ses ambitions. Seuls les États-Unis en ont autant mais ils ont aussi un lectorat mondial, incomparable à ce que nous avons en France.

Le risque serait donc de voir émerger une information standardisée alors qu’Internet est par définition lieu d’expérimentations et d’innovations.

La “terra incognita” du business model

Un million d’euros, c’est le montant total des fonds levés pour lancer un site avec des moyens. Deux levées de fonds sont donc effectuées en 2010 pour assurer le lancement, initialement prévu en octobre 2010 :

  • 51% du capital est détenu par les co-fondateurs, Jean-Sébastien Ferjou, qui a investit personnellement 30 000 euros, se décrit comme l’actionnaire le plus important.
  • Le reste (49%) est détenu par une holding créée pour l’occasion, “Free Minds” qui comprend notamment Charles Beigbeder, membre du Parti radical et vice-président du conseil de surveillance de la Fondation pour l’innovation politique (un think tank libéral), Arnaud Dassier, de L’enchanteur des nouveaux médias et les nouveaux mécènes du web français Marc Simoncini, le fondateur du site de rencontres Meetic.fr, et Xavier Niel, également actionnaire du Monde et d’OWNI.

Après plusieurs faux pas, et un changement de CMS (pour finalement choisir Drupal), le site est enfin lancé le 28 février 2011. Le modèle économique repose pour le moment entièrement sur les revenus publicitaires. “Un modèle de gratuit car il est difficile de faire de l’info généraliste payante”, souligne le directeur de la rédaction. L’objectif est d’atteindre 600 000 visiteurs uniques d’ici un an et l’équilibre en 36 mois afin de “construire la marque”. Prévue dans un deuxième temps, une diversification des revenus permettrait d’atteindre le Graal de la rentabilité, mais ses contours restent flous (vente d’informations sur les entreprises, datajournalism…).

Un navire fait pour les réseaux sociaux?

Si le site n’inscrit pas à son fronton bleu-blanc-rouge le logo de l’UMP, sa stratégie de communication web rappelle les heures les plus sombres de la “com’ web” (de droite).

A peine mis en ligne, il est déjà critiqué, notamment sur Twitter. Sur la page Facebook d’Atlantico.fr, créée deux semaines avant le lancement du site – et qui a réuni une centaine de fans quelques jours avant le lancement – le logo a été dévoilé le 27 février. Dès la création de la page, un teasing sommaire est mis en place. Plusieurs journalistes web, blogueurs et internautes ont alors sauté sur l’occasion pour se gausser gentiment du plan marketing.

C’est l’agence web Palpix qui a développé l’aspect technique du site, sans être spécialisée dans la communication sur les réseaux sociaux. Les deux fondateurs, quant à eux, avouent très franchement qu’ils n’avaient pas de compétence technique particulière sur le web, et que les réseaux sociaux ne tueront pas le journalisme de liens qu’ils mettent en avant sur le site.

Pour séduire les internautes branchés web, une minute geek hebdomadaire tenue par Nathalie Joannès a pour objet d’expliquer le web aux newbies. La première chronique du genre est un portrait robot du geek et fait déjà grincer des dents les lecteurs attentifs qui ne manquent pas de critiquer sa superficialité sur Twitter.

Selon Jean-Sébastien Ferjou, ces réactions n’ont rien de grave, Twitter constituant une élite (50 à 100 000 lui précise-t-on). La question est de savoir si la “culture de l’audience” revendiquée par les fondateurs du dernier-né des pure-players arrivera à toucher au delà des CSP+ (cible avouée d’Atlantico), pour pouvoir pour peser sur le débat public d’ici à 2012.

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Crédits Photos via FlickR: Wooden ship on the Rupsa River (Bangladesh) par joiseyshowa [cc-by]

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Warlogs: Julian Assange s’explique http://owni.fr/2010/07/26/war-logs-julian-assange-s-explique/ http://owni.fr/2010/07/26/war-logs-julian-assange-s-explique/#comments Mon, 26 Jul 2010 17:27:13 +0000 Federica Cocco / Martin Untersinger http://owni.fr/?p=23083 Julian Assange, fondateur et figure emblématique de Wikileaks donnait ce midi à Londres une conférence de presse afin de s’expliquer sur les récentes révélations mises au jour par son organisation. Notre éditrice à Londres, Federica Cocco, était présente à cette conférence de presse.

Julian Assange est apparu très calme, malgré l’enjeu et le grand nombre de journalistes et de caméras de télévision présents. De manière assez originale, il a commencé par les questions des journalistes, remettant à plus tard sa présentation, qu’il était en train d’achever.

Il a admis un peu à contre-coeur que les données divulguées par Wikileaks contenaient des preuves de “crime de guerre” perpétrés par les forces de la coalition.

Il a également confirmé avoir conclu un accord avec les trois médias qui ont diffusé l’information – le New-York Times, le Guardian et Der Spiegel – depuis plusieurs semaines. Accords qui les obligeaient à ne pas divulguer les informations avant ce dimanche. Et qui leur a permis, dans le cas du Guardian et du New-York Times, de mener un large travail d’investigation, de vérification et de journalisme de données.

Le fondateur de Wikileaks a confirmé que lui et son équipe n’avaient pas communiqué toutes les données en leur possession (cf.) et que les documents d’ors et déjà divulgués ne représentaient que la partie émergée de l’iceberg. Il a annoncé que lui et ses collaborateurs allaient passer en revue les nombreux documents restants et surtout vérifier qu’ils ne posaient pas problème en termes de sécurité.

Ainsi, à ceux qui lui reprochent de mettre en danger les troupes américaines, Assange répond que ces dernières ne donnent aucune information sur les mouvements et les localisations des troupes et ne sont pas suffisamment récentes pour constituer une menace immédiate.

Julian Assange est un homme sous surveillance. Le dernier coup d’éclat de Wikileaks n’arrange rien à son affaire : il a expliqué que le gouvernement américain s’était rapproché des autorités australiennes afin d’accroître leur surveillance sur sa personne.

Il a également abordé le cas de Manning, ce soldat qui comparaît devant un tribunal militaire pour avoir été une des sources de Wikileaks. Assange a expliqué avoir levé l’équivalent de 1 million de livres sterling pour couvrir ses frais judiciaires. Parallèlement, il a reconnu l’augmentation du nombre d’informateurs ayant des documents à divulguer, augmentation qui va de pair avec le succès de l’organisation.

Malgré les questions insistantes et déstabilisantes des journalistes, il est apparu très sûr de lui et solide, laissant entrevoir un homme rôdé aux médias et à la communication.

Il a par ailleurs relativisé la portée des informations divulguées, et rappelé que ces dernières étaient classées “secret” et non pas “top secret”. “Les gens en Irak, les gens en Afghanistan, ils n’ont pas besoin de vidéos. Ils voient ça tous les jours !

Federica Cocco / Martin Untersinger

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Retrouvez la vidéo de la conférence de presse à cette adresse.

Un transcript de l’intervention d’Assange est disponible ici.

Crédit Photo CC Flickr : Newmediadaysdk.

Télécharger l’affiche de Elliot Lepers

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